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NATIONALISME ET CIVILISATION




Depuis l'aube des temps, la lutte pour l'existence est le moteur premier du développement des espèces et des sociétés. Depuis toujours, le clan s'oppose au clan, la horde à la horde, la tribu à la tribu. Pour assurer la subsistance, pour conquérir ou conserver le terrain de chasse, la source d'eau ou la terre fertile, des clans furent détruits, les tribus victorieuses exterminèrent les tribus vaincues. Le groupe qui possédait la meilleure arme, les meilleurs instruments et la meilleure organisation sociale triomphait des autres groupes et cette possession n'était fondée que sur l'aptitude à les créer.

Du génie créateur et des vertus guerrières émaneront les Civilisations issues du regroupement de peuples d'élite apparentés autour de références transcendantes, supra-humaines, dont les réalités terrestres ne constituent qu'un reflet s'éloignant du Principe à mesure que se développent les processus cycliques d'involution. Tour à tour l'Age d'Or grec, l'Imperium Romanum, la Chrétienté médiévale, le Saint Empire Romain Germanique, Byzance incarneront en Europe ces formes Traditionnelles ordonnées par la légitime hiérarchie liant l'autorité spirituelle au pouvoir temporel, respectivement symbolisés par la Couronne et le Sceptre.

L'avènement des états-nations, du "principe des nationalités" et autres "droits des peuples à disposer d'eux mêmes", sans aucune référence à la sur-nature, accompagnera le triomphe - provisoire à l’échelle du temps long - des conceptions modernes, subversives, révolutionnaires, qui aboutiront à l'hégémonie actuelle des instincts infra-humains, mercantiles, matérialistes et au pouvoir temporel sans partage des forces qui règnent par et pour cet état d'esprit ( banque,finance etc..). Le nationalisme s'inscrivit dans ce processus, même s'il prit au cours du temps des formes ambivalentes : désagrégatrices,à l'origine, tournées vers la négation des hiérarchies traditionnelles, puis "restauratrice", tentant d'endiguer la dissolution mondialiste. La seconde option fut celle du premier riacquistu culturel corse de la fin du XIXème siècle. Cette orientation réactionnaire fut poursuivie par la démarche proprement politique et nationale de la Muvra et du Partitu Corsu d'Azzione. Un siècle auparavant déjà, l'abbé Salvini s'insurgeait dans sa "ghjustificazione" contre la Gènes marchande, égalitaire et prévaricatrice.





Le discours classique et sclérosé émanant de certains secteurs de la revendication politique corse actuelle prétend distinguer un "nationalisme de libération" progressiste,hérité des Lumières, apanage des nations sans état, d'un "nationalisme d'oppression", populiste et réactionnaire, défendu au sein d'états constitués . Le spectacle de la France "indépendante" actuelle, celui des états africains issus de la décolonisation, les défis globaux qui se présentent à l'Europe réduisent à néant une telle argumentation.

Le Nationalisme de Libération sera, demain plus qu'hier encore, à la fois indépendantiste car aspirant à se séparer d'une République Française partie intégrante de l'anti-civilisation occidentale, et populiste, visant à préserver la substance ethno-culturelle et les intérêts moraux et matériels du peuple, à œuvrer à son développement qualitatif et quantitatif. Dans ce contexte, le combat national entendu en sa dimension essentielle n'est pas amené à cesser dès lors que serait atteint l'objectif de l'indépendance, l'existence formelle d'un structure étatique corse n'étant pas en soi gage de "libération". Aussi des militants corses acquis à certains dogmes mondialistes et soucieux de clarification proposent d'abandonner le qualificatif de "nationaliste" pour celui de "patriote".

Le Droit International "officiel" actuel est régi par les principes de la souveraineté des états-nations inspirés des Traités de Westphalie (1648 ), lesquels sanctionnent l'entrée du continent européen dans l'ère de la modernité. Celle-ci s'étendra à l'ensemble de la planète via la colonisation, puis la dé-colonisation donnera naissance, en Afrique et dans le monde arabe notamment, à des états artificiels dont les frontières sont le résultat des rapports de forces entre les dominants coloniaux ( France, Grande Bretagne ), puis les blocs géopolitiques détenant la réalité de la puissance.

Or, le monde est entré depuis plusieurs années dans une phase d'interrègne, qui, du Moyen Orient à l'Europe verra la fin des états-nations et la ré-émergence de blocs civilisationnels à bases spirituelles articulés autour de pôles de puissances qui formeront à l'avenir la trame des relations internationales, ou plutôt inter-civilisationnelles. L'ennemi commun, l'antithèse de toutes les Civilisations étant l'Occident américano-centré, quintessence et "récapitulation" crépusculaire de toute l'involution des siècles passés. Au regard de son rôle d'avant-garde dans le processus subversif, la République Française est destinée à être l'un des premiers régimes occidentaux à sombrer dans la Barbarie.





Les temps archéo-futuristes à venir seront donc ceux du dépassement du nationalisme - et de ses ambivalences - comme absolu, par la perspective civilisationnelle intégrant par le haut les peuples-patries européens. Le centre spirituel de l'Europe, réceptacle des principes impériaux et des influences supra-humaines, est Rome. Rome, dont la conquête est pour cette raison l'objectif ultime revendiqué par l'organisation golémique Daesh. A "l'esprit romain" est donc liée la Lutte de Libération Nationale Corse, de son rayonnement relèvent les conceptions et principes garantissant la survie de notre peuple, lui donnant par là même, le droit sacré d'accomplir sa Mission en ce monde.

A Squadra

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