LEIA NAZIUNALE à l'honneur chez les nationalistes flamands !


L'un des animateurs de Leia Naziunale a répondu aux questions de "Revolte!", l'organe de presse ( papier et internet ) du mouvement nationaliste flamand Voorpost. Nous publions ci-dessous la version francophone de cet entretien.

Pouvez-vous présenter Leia Naziunale (LN) à nos lecteurs s'il vous plaît?

Leia Naziunale ( le Lien National ) est un "mouvement d'idées et de terrain" nationaliste corse né à l’Épiphanie 2016. Leia Naziunale est pour l'heure un noyau idéologique agissant, une avant-garde préfigurant le nationalisme corse de demain. Ce noyau est restreint mais gagne en influence, au sein de la jeunesse notamment. Nous envisageons de formaliser plus officiellement notre démarche dans les mois à venir. *Quels sont les objectifs de LN et quelle est la différence entre LN et, par exemple, les autres partis et groupes nationalistes corses les plus connus (Corsica Libera, Rinnovu Naziunale)?

Il convient avant tout de distinguer l'Idée Nationale ( l'Idea Corsa ) des partis, factions et appareils politiciens qui s'en réclament officiellement. Le logiciel politique des mouvements et partis que vous citez datent des années 1980, à une époque où les Corses étaient encore largement majoritaires sur leur terre. Il n'a guère évolué depuis et se révèle incapacitant aujourd'hui. LN est "archéo-futuriste" dans le sens où notre démarche défend des principes traditionnels intemporels qui assureront la survie et le renouveau de notre peuple comme de l'Europe dans son ensemble. *Une grande partie des organisations nationalistes corses sont plutôt situées à gauche. Comment se passe votre contact et votre relation avec eux ?

La Corse est une micro-société dans laquelle tout le monde se connait et se côtoie quotidiennement. Nous entretenons donc des relations inter-personnelles cordiales avec les militants des organisations classiques du nationalisme corse mais aucune relation avec les organisations elles-mêmes. Le nationalisme corse fait depuis plusieurs décennies l'objet d'un efficace travail de subversion interne et externe visant à le neutraliser, le détourner de son objet premier et l'orienter vers ce que nous nommons un "natio-mondialisme" intégré à la gouvernance globale. Ce processus fut initié dès les années 1980 avec l'adoption de la fumeuse notion de " peuple corse communauté de destin" qui visait à faire accepter la politique de colonisation de peuplement. Il se déploie explicitement aujourd'hui avec la collaboration active à "l'opération migrants" planifiée par les centres de commandement globalistes. Leia Naziunale s'oppose frontalement à ce processus dégénératif.

* Dans les pays étrangers, le FLNC est particulièrement connu en tant que mouvement nationaliste corse. Quelle est votre vision de cette organisation (et de ses différentes tendances)? Certains groupes militants de la périphérie du FLNC seraient affiliés au crime organisé corse. Est-ce correct ou s'agit-il de propagande française?

Le FLNC fut conçu par ses initiateurs comme une organisation politico-militaire au sein de laquelle devait prévaloir le politique, par l'émergence progressive d'institutions parallèles à celles de l'état français. A partir du moment où l'on considère que son pays est occupé par une puissance étrangère, tous les moyens pour le libérer sont légitimes, y compris la lutte armée. Durant près de quarante ans et au prix de sacrifices immenses, celle-ci a permis de perpétuer l'idée nationale, mais aussi de préserver notre environnement naturel et de s'opposer à la normalisation-disparition de notre peuple.

Ce que l'on appelle le "milieu corse" est historiquement lié à l'appareil clandestin de l'état français, affecté aux basses-œuvres, en métropole, dans l'empire colonial, puis dans le cadre de la Françafrique, mais aussi en Corse, où certaines de ses équipes furent utilisées contre le mouvement national.

La lutte armée a engendré des dérives liées à "l’impôt révolutionnaire", aux rivalités de chefs et de clans, aux appétits de pouvoir. Quelques activistes nationalistes se sont aussi reconvertis dans les "affaires". Mais l'amalgame nationalisme-crime organisé relève de la propagande coloniale et de l'opération psychologique. L'immense majorité des militants nationalistes sont des hommes et des femmes honnêtes et bonne moralité. *Depuis la fin de 2015, les formations nationalistes ont enregistré des succès électoraux et, parallèlement, le FLNC a annoncé qu'il allait déposer les armes. Comment voyez-vous cela évoluer dans le futur? Peut-on obtenir des résultats électoraux à plus long terme ou peut-on espérer un retour du FLNC ?

Les victoires électorales sont surtout psychologiques : le peuple corse redevient acteur de son destin. Mais la désillusion peut également occasionner de terribles dégâts psychologiques et affaiblir moralement notre peuple. La lutte indépendantiste contemporaine a été conçue sur le triptyque lutte armée-lutte institutionnelle-lutte de masse. A notre sens le plus important a été- peut être volontairement- omis : la lutte idéologique, l'opposition absolue aux principes de la puissance occupante. Cela a abouti, in fine, après l'arrêt de la lutte armée et la prépondérance accordée à la lutte institutionnelle, à l'institutionnalisation du nationalisme dans le cadre des "valeurs de la République", c'est à dire à une adaptation locale des principes mondialistes. Ceux-ci exigent et impliquent la mort du peuple corse historique qui n'a d'autre choix que de résister et aller de l'avant vers un nouveau cycle politique.

Bien avant les avancées institutionnelles ou l'indépendance formelle, Leia Naziunale prône la Sécession mentale et la rupture d'avec les principes de l'Ennemi. Au régime cosmopolite de Paris, nous opposons un nationalisme authentique, identitaire et populiste, fondé sur le caractère européen du peuple Corse. La lutte armée clandestine n'est plus d'actualité, au vu des moyens technologiques dont dispose le régime de Paris. A notre sens, l'avenir du combat nationaliste repose désormais sur le diptyque lutte idéologique-lutte de masse décliné en résistance populaire sur le terrain, ré-information, formation de groupes de pression, de collectifs etc..Le cadre idéal de cette lutte étant celui des Cunsulte ( assemblées populaires ) héritées de nos traditions politiques ancestrales. *Il y a quelque temps, de jeunes Corses ont vivement protesté contre une réunion de Marine Le Pen et du FN à Ajaccio. Jean-Marie Le Pen a déclaré un jour que les nationalistes corses méritaient la peine de mort. Quelle est votre vision du FN ? Ces jeunes sont liés au nationalisme institutionnel, lequel a fait allégeance à Macron lors des présidentielles. Comme expliqué plus haut, le natio-mondialisme institutionnel a choisi son camp. Le FN est un parti ultra-jacobin, défendant un nationalisme civique désincarné, antagoniste aux aspirations des patries charnelles originelles. La ligne identitaire prônée un temps par Olivier Martinelli n'était que cosmétique. Les propos attribués à JMLP ne sont peut être pas avérés mais quoi qu'il en soit, le FN-RN demeure un adversaire politique. Cependant, nous distinguons l'adversaire politique de l'ennemi absolu qu'est le mondialisme et actuellement, sa créature chimiquement pure Macron. *La Corse compte un nombre relativement élevé d'immigrants d'origine nord-africaine. Que pensez-vous de ce groupe, estimez-vous que l'assimilation est possible et souhaitable, ou faut-il mettre l'accent sur la remigration à grande échelle ?

Comme toute exception confirmant la règle, l'assimilation est possible et effective pour une infime minorité des immigrés extra-européens. Mais une politique globale ne peut être pensée à partir d'exceptions. En Corse comme ailleurs l'immigration de masse extra-européenne est une arme de guerre utilisée contre les peuples européens. Tous ceux qui collaborent à ces politiques ou les cautionnent se placent, de fait, dans le camp des ennemis de l'Europe. La Corse n’échappe pas à ce contexte . Elle est victime de la politique criminelle de l'état français. La remigration est certes un objectif majeur, mais difficilement envisageable en l'état actuel des choses. Pour cette question comme pour tant d'autres, la priorité est de se séparer de l'ensemble français pour élaborer une politique nationaliste d'immigration, fondée sur nos propres principes. *La préservation de la nature corse et la protection de la magnifique côte corse ont toujours retenu l'attention des nationalistes corses. Y a-t-il une solution entre-temps contre les bâtiments illégaux de la plupart des Français riches ?

La majorité territoriale étiquetée nationaliste tente d'imposer un schéma de développement ( le PADDUC ), alternatif au tout-tourisme et à l'économie résidentielle, destiné à préserver l'environnement et favoriser l'agriculture et l'économie réelle . Un "statut de résident" visant à freiner la spéculation immobilière est également revendiqué, sans réponse positive de Paris qui s'oppose à toute évolution dérogatoire au droit commun français et "européen". Là encore, la lutte de masse conscientisée s'impose comme le seul moyen de s'opposer au désordre établi. *Leia Naziunale fait également des choix clairs en matière de défense et de politique étrangère: contre la présence de l'OTAN sur la base militaire de Solenzara en Corse, mais aussi pour la Russie et le Donbass. Pourquoi l'accent sur ces points de vue ? Leia Naziunale défend une conception globale et idéologique de la lutte nationale corse. Nous désignons l'Ennemi : les "trois cercles de l'oppression" que sont les états coloniaux centraux ( République française ), le système capitaliste mondialisé et le bloc géopolitique occidental-atlantiste. Ces cercles sont hiérarchisés et interdépendants. Nous nous plaçons dans le camp opposé, de manière cohérente et conséquente. A notre modeste niveau , nous participons à "l'internationale de la lutte des peuples" face aux réseaux et centres de pouvoir mondialistes. Nous sommes partenaires du Comité Révolutionnaire International, qui défend l'héritage politique de la Jamahiriya Arabe Libyenne. En compagnie d'organisations catalanes et bretonnes, nous avons initié la Coordination des Peuples-Patries d'Europe, qui vise à donner à notre courant d'idées une plus grande visibilité. Cette coordination doit s'étendre à d'autres groupes ( le Voorpost ?) et devenir réellement opérationnelle. *Quelle est votre vision de l'Union européenne et de l'euro? La création d'une Europe des nations (l'Europe des 100 drapeaux de Yann Fouéré) est-elle un objectif? La Russie fait-elle partie d'un projet européen auquel vous aspirez ?

L'Union Européenne n'est pas l'Europe mais sa contrefaçon. L'UE est une création de l'hégémonie américaine, rouage liant les "trois cercles de l'oppression". Fondée sur des principes subversifs et totalitaires, elle se maintient par la propagande et de plus en plus, par la coercition. A l'instar de l'Union soviétique, elle se désintégrera sous la poussée des nationalismes et des révoltes populaires. Gangrenée par le marxisme culturel et submergée par l'immigration, l'Europe de l'ouest semble s'acheminer vers une longue période de chaos et d'interrègne.

Nous adhérons au concept "d'Europe aux cent drapeaux", dès lors qu'il est contrebalancé par celui, axial et vertical, d'Empire, c'est à dire d'une Europe-Puissance unifiée en son sommet dans ses fonctions régaliennes ( armée, dissuasion nucléaire, grandes politiques stratégiques , frontières extérieures etc..). Le fonctionnement interne doit être basé sur le principe de la subsidiarité qui doit également régir celui de la monnaie : des monnaies diversifiées à l'intérieur de l'Europe répondant à la diversité des peuples et des contextes, une monnaie commune pour les échanges avec l'extérieur.

La Sainte Russie est un empire, avec sa mission propre, celle du noyau central de "l'heartland eurasiatique" reliant les mondes européens et asiatiques ( Chine, Japon, Inde , Iran, Turquie etc..) autour de valeurs traditionnelles. Le soleil se lève à l'Est et la Russie est aujourd'hui le "poumon extérieur" de la résistance européenne. Le destin de l'Europe est lié à celui de la Russie. C'est pourquoi les forces globalistes tentent d’empêcher tout rapprochement entre ces deux entités impériales, qui mettrait en péril leur hégémonie. Le grand enjeu de l'Europe est celui de son autorité spirituelle. Pour nous corses, le point transcendant est celui d'un catholicisme romain régénéré, dans sa dimension "romaine", précisément. *La Catalogne suscite un grand intérêt depuis longtemps. Quelle est votre opinion sur la poursuite de l'indépendance par les Catalans ? Pour améliorer la position de la langue catalane et renforcer le nationalisme, des groupes nationalistes catalans ont mis en place des cours de langue pour les immigrants. Quelle est votre opinion à ce sujet ? Bien évidemment nous soutenons la lutte d'émancipation nationale du peuple catalan. Mais, en Catalogne comme en Corse, l'on peut constater que les principales forces autonomistes et indépendantistes sont gangrénées par le libéralisme et le gauchisme. Ces forces politiques écartent le paradigme ethnique et se rallient à l'immigrationnisme. Nos camarades de SOM CATALANS, mènent chez eux cette salutaire lutte doctrinale, que l'on peu qualifier de "révolution dans la révolution".

* La lutte nationaliste ne se limite pas au domaine de la culture et de l'identité, mais doit également être menée sur le plan économique. Quelles sont les idées de LN en termes d'économie? Que pensez-vous du capitalisme et de la mondialisation actuelle ? Nous nous limiterons ici à évoquer quelques principes traditionnels relatifs à l'économie. -La sphère économique ( la troisième fonction indo-européenne ) est subordonnée aux sphères politiques et spirituelles. Celles-ci encadrent la vie économique et l'action de ses acteurs. - l'objectif d'une politique économique nationaliste est le bien commun et la souveraineté. - le modèle économique nationaliste est lié à la manière "d'être au monde" de notre peuple. Les Corses sont un peuple de paysans et de soldats, pas de marchands ou de banquiers. Notre culture est marquée par le catholicisme et l'empreinte franciscaine. Notre vocation en ce monde n'est pas d'accumuler des richesses matérielles ni de sombrer dans une guerre de tous contre tous qu'implique la "concurrence libre et non faussée". -la priorité de la politique économique nationaliste doit être donnée à une agriculture tournée vers le marché intérieur et destinée à l'autosuffisance alimentaire : la terre nourrit le peuple, le peuple travaille la terre. - la tertiarisation, le fonctionnariat et l'assistanat produisent des types humains dégradés, à la fois indolents et insolents, veules et soumis. Une nation libre repose sur des travailleurs libres et authentiques. Elle favorisera une sphère économique basée sur les entreprises familiales, les agriculteurs, les artisans, les commerçants et indépendants organisés sur un modèle néo-corporatiste. Les salariés seront eux protégés par un système social basé sur la "corsisation des emplois" et la priorité accordée aux nationaux dans tous les domaines de l'existence. Les antagonismes de classes s'expriment dans un cadre national délimité. A l'exact opposé de ces principes, la Corse subit un modèle économico-social capitaliste libéral, subversif et destructeur, imposé par le mondialisme. Ce qui se traduit par une économie basée sur un tourisme de masse saisonnier générateur de dégâts environnementaux et de misère sociale, une spéculation immobilière sans limite qui engendre de la criminalité. A cela s'ajoutent les monopoles détenus par quelques "familles" le clientélisme politique et le racket fiscal stérilisant la volonté d'entreprendre.